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Pour un tourisme d'affaires exemplaire ?

25/11/2022


Faut-il boycotter la Coupe du monde de football au Qatar ou, au contraire, se passionner pour les 32 nations participantes ? Si le sujet divise les Français alors même que la compétition vient à peine de commencer, nul doute qu’il passera au second plan dans l’hypothèse ou Griezmann, Mbappé et leurs copains venaient à briller. Pour les entreprises, et notamment celles qui sont partenaires de la compétition, le débat est plus délicat. Comment organiser des opérations de relations publiques, comment inviter clients et fournisseurs à assister à des matchs, tout en mettant en avant une politique RSE devenue l’un des piliers de leur communication ?

Dans RSE, il y a environnemental. Difficile de ne pas voir dans le choix du Qatar une aberration écologique, même s’il convient de balayer devant sa porte avant de donner des leçons de morale à la planète toute entière. Car s’il est stupide de climatiser des stades de foot, il l’est tout autant de chauffer des terrasses de café ; ce qui était encore le cas l’hiver dernier à Paris avant qu’un récent arrêté tente de mettre fin à cette pratique. On attend de voir avec quelle réussite… Et dans RSE, il y a sociétal. De l’exploitation des migrants venus construire les stades aux non-droits des femmes et de la communauté LGBT, le Qatar coche toutes les mauvaises cases.
Le sujet n’est pas nouveau. Dans le passé déjà, les professionnels s’interrogeaient sur le bien-fondé d’organiser un événement à Cuba ou en Birmanie, les uns refusant de cautionner un pouvoir politique peu fréquentable, les autres préférant mettre en avant la nécessité d’aller sur place pour faire passer des messages et « éclairer » les peuples. Loin d’être tranché, le débat reprend de plus belle à chaque compétition sportive, ou presque. Il est vrai que ces dernières années, avec une avalanche de manifestations internationales organisées en Russie ou en Chine qui ont contribué à asseoir le régime de quelques dictateurs, la Fifa ou le CIO n’ont guère fait preuve de clairvoyance, préférant fermer les yeux pour mieux remplir leurs caisses.

C’est encore l’argent qui est le nerf de la guerre dans la légitimité touristique que tente actuellement de s’acheter l’Arabie Saoudite. A coup de pages de publicités dans les magazines, de luxueux éductours et d’influenceurs grassement payés, le royaume se cherche une place au soleil. C’est oublier les journalistes assassinés comme Jamal Khashoggi, le correspondant du Washington Post, découpé à la tronçonneuse en 2018 ; c’est oublier la loi de la Charia, les droits de l’homme (et de la femme) bafoués, les gays pourchassés (qualifiée de « crime ignoble », l’homosexualité est - comme l’adultère - passible de la peine de mort) et les exécutions dénoncées par les ONG. Faut-il mettre un voile sur ces atrocités pour aller admirer l’un des plus beaux déserts du monde ?  

Thierry Beaurepère              
 










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