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OT du Portugal : "Le Portugal ne se résume pas à Lisbonne"

Thierry Beaurepère
11/02/2019

Le succès du Portugal ne se dément pas, notamment à Lisbonne qui n'est pas loin de la surchauffe à certaines périodes. A travers une stratégie offensive et incitative, le pays souhaite convaincre les entreprises d'aller voir aussi ailleurs, à Porto, en Algarve, dans le centre et même jusqu'à Madère…


Voyages & Stratégie : Quelles sont les tendances du tourisme au Portugal ?

Jean-Pierre Pinheiro - Directeur de l'office du tourisme du Portugal en France
Jean-Pierre Pinheiro - Directeur de l'office du tourisme du Portugal en France
Jean-Pierre Pinheiro - Directeur de l'office du tourisme du Portugal en France : L'an dernier, le Portugal a réalisé un record historique avec 21,2 millions de touristes étrangers, dont 3,2 millions de Français ! Les seuls hôtels ont accueilli 13 millions de clients dont 2 millions de Français, ce qui correspond à une progression de 11% par rapport à l'année précédente.
En attendant l'enquête aux frontières pour 2018, les tendances pour l'année en cours sont plus contrastées. D'un côté, pour les huit premiers mois de l'année, les hôtels annoncent 930 000 Français, soit un léger recul de l'ordre de 1,5%. Mais dans le même temps, les arrivées aux aéroports portugais affichent une belle croissance de 8,5%. 
Il faut sans doute voir dans ces chiffres une perte de part de marché des hôtels et une montée en puissance des locations touristiques entre particulier du type Airbnb, au nombre de 70 000 au Portugal et qui ne sont que très partiellement intégrées à nos chiffres. 

V&S : Comment interprétez-vous ces résultats ?

J-P.P. : Dans un contexte d'année de Coupe du monde de football durant laquelle les Français ont moins voyagé cet été, ce sont des indicateurs qui nous rendent plutôt optimistes. Notre ambition est de faire progresser le marché français de 5 à 6% par an durant les trois prochaines années. 
Le retour des destinations du Maghreb sur le devant de la scène n'est pas nécessairement un problème pour le Portugal. Nous bénéficions aujourd'hui aujourd'hui de flux touristiques toute l'année, en particulier avec les courts séjours à Lisbonne et Porto. Et l'Algarve, qui affiche des taux de croissance supérieurs à 40% par an pour les deux dernières années sur le marché français, continue à performer en 2018 avec encore une progression à deux chiffres. 
Le Printemps arabe a contribué à mettre en avant la région et à développer un segment de marché, à savoir le tourisme balnéaire en clubs. 

V&S : Dans ce contexte, que représente le MICE ?

J-P.P. : Le tourisme d'affaires au Portugal, qui a partiellement profité des difficultés du Maghreb, possède des atouts unanimement salués : la proximité de la France, des infrastructures de qualité qui se sont considérablement améliorées depuis dix ans mais demeurent abordables financièrement, une destination sûre et non ostentatoire, dans l'air du temps. 
Enfin, il ne faut pas oublier le fort développement économique ces dernières années, avec l'installation de nombreuses entreprises : notamment françaises - qui contribuent également à doper l'activité MICE. 
Au global, le tourisme d'affaires génère 20% des arrivées françaises. Mais il se concentre à 80% sur Lisbonne, plus ponctuellement à Porto ou en Algarve. Notre défi de demain est de mieux organiser les flux dans le cadre de notre plan à dix ans baptisé E27 qui vise à une diversification territoriale mais aussi saisonnière. Le Portugal ne se résume pas à sa capitale ! 

V&S : Justement, n'y-a-t-il pas un risque de saturation à Lisbonne ?

J-P.P. : Les années 2016 et 2017 furent euphoriques à Lisbonne et les prix des hôtels ont progressé - parfois de 20 à 30% - dans les quartiers les plus demandés. Certains établissement ont pu aussi refuser des ventes, pour favoriser la clientèle individuelle mais aussi par souci logistique. Il est difficile d'accueillir trois groupes en même temps, tout en continuant à fournir un service de qualité !
On retrouve un rythme de croissance plus "normal" en 2018. Cet afflux a pu générer parfois des réactions de la part de la population. Mais il ne s'agit pas d'une hostilité vis-à-vis des touristes; plutôt une demande pour une meilleure gestion dans certains quartiers qui se vident de leurs habitants du fait de la forte demande pour les locations touristiques, avec des conséquences sur les commerces, la vie quotidienne… 
Diverses mesures ont été prises ou sont en réflexion pour limiter ce phénomène. Cela dit, dès que l'on s'éloigne de quelques centaines de mètres, la situation redevient plus normale. Il y a encore des marges de croissance, autour de Lisbonne, à Estoril ou Cascais. 
Notre message vise aussi les réceptifs, que nous incitons à varier leurs propositions au-delà du centre. D'autant qu'à Lisbonne, les transferts ne sont jamais longs… Cela dit, 40 nouveaux hôtels sont annoncés pour 2019 au Portugal dans la région de Lisbonne (6 établissements) et à Porto (11), mais aussi partout sur le territoire. Cela démontre notre forte volonté de développer l'offre dans tout le pays. 

V&S : Quelles sont vos pistes de travail pour l'amélioration de la desserte aérienne ?

J-P.P. : Avec plus de 600 vols par semaine au départ de 22 aéroports français, le Portugal est facilement accessible. Nous avons une politique proactive sur ce point. Cet hiver, la capacité aérienne augmente encore de 10,2% par rapport à l'hiver dernier !
Notre programme "VIP" vise à développer les dessertes aériennes afin de mieux mailler le territoire. Nous fixons un budget selon des critères très précis, qui sert à cofinancer des campagnes de communication conjointes avec les compagnies aériennes qui ouvrent des lignes. 
L'Algarve notamment profite d'une belle dynamique, avec de plus en plus de vols pour Faro. Sur place, de beaux resorts balnéaires peuvent accueillir des opérations toute l'année. Nous avons d'ailleurs en projet un événement de 2500 personnes pour 2020. Madère pourrait également s'imposer à l'avenir, notamment pour les groupes de 80 à 150 personnes, à condition que l'offre de vols au départ de France progresse. 
L'île patît encore de l'image d'une destination "senior" alors qu'il est possible de pratiquer de nombreuses activités "outdoor" prisées par les incentives. Le congrès des Entrepreneurs du Voyage, qui s'est déroulé début février, devrait contribuer à rendre la destination plus populaire. 
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