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Italie : les bottes secrètes du Mezzogiorno

Pascale Mougenot
19/09/2019

Épicurienne et riche d’un patrimoine exceptionnel, la région des Pouilles – la Puglia en VO, tellement plus joli ! – est une nouvelle destination en vogue. En Basilicate voisine, Matera (Capitale européenne de la culture 2019) met sous le feu des projecteurs un coin encore secret de l’Italie méridionale. Andiamo !


Il y a seulement vingt ans, qui aurait fait le pari de Bari ? Le grand port de l’Adriatique a longtemps eu une réputation sulfureuse et sa vocation touristique est récente.
Résultat : le voyageur s’invite dans un monde où tout ne tourne pas autour de lui. Traversant Bari d’est en ouest, de la mer à la Piazza Garibaldi, le Corso Vittorio Emanuele sépare deux univers. D’un côté, Bari Vecchia, la vieille cité millénaire blottie sur une péninsule encore en partie protégée par un rempart et une forteresse. De l’autre, le Borgo Nuevo tracé au cordeau au début du XIXe siècle et ses quartiers d’immeubles néoclassiques ou Liberty (l’interprétation italienne de l’Art nouveau). Il est couronné par le Lungomare Nazario Sauro, promenade maritime festonnée d’imposants édifices rationalistes de la période fasciste. Un régal pour les amateurs d’architecture !


La cité de Saint-Nicolas

Italie : les bottes secrètes du Mezzogiorno

Avant de devenir italienne, Bari a vu défiler Messapiens, Grecs, Romains, Sarrazins, Byzantins, Normands, Angevins, Aragonais et Bourbons. Une destinée mouvementée, à l’image de celle de l’Italie du Sud dans son ensemble, terre de passage et de métissage. Le plan de Bari Vecchia date de la période byzantine. D’où le petit parfum d’orient qui flotte dans le labyrinthe de ses cours et venelles. Des rideaux en dentelle (de plastique !) pendent aux portes ; le linge aux fenêtres compose des farandoles bigarrées ; et vespas, poussettes et charrettes s’entassent dans les recoins. Sur chaque placette, des papys entourés de nuées d’enfants rieurs tapent imperturbablement le carton. Et tout le monde se signe devant les innombrables autels votifs dédiés à la Madone.

Ce mode de vie foutraque s’inscrit dans un patrimoine bâti éblouissant : la corde à linge est accrochée à une poutrelle gothique, le rideau en plastique encadré par un portail baroque… Avec, en fond sonore, les carillons des nombreuses églises. La plus célèbre d’entre elles est la basilique consacrée à Saint-Nicolas, dont les reliques ont été rapportées d’Asie mineure à la fin du XIe siècle. Érigée sur les vestiges du palais du gouverneur byzantin, elle a été la première grande église romane du Mezzogiorno (l’ensemble des régions du sud de l’Italie). C’est un haut lieu de pèlerinage depuis l’époque des croisades et si la messe catholique remplit la nef centrale plusieurs fois par jour, c’est le rituel orthodoxe qui est célébré chaque dimanche dans sa crypte, liturgie unique à l’échelle régionale.

À deux pas, le Duomo di San Sabino trône sur une place où l’on trouve quelques boutiques de souvenirs, mais aussi un studio de photos de mariage, un opticien à l’ancienne, une boucherie et un café tout simple invitant à s’attabler en terrasse pour admirer le merveilleux bestiaire qui orne la façade de cette élégante cathédrale. Certains groupes visitent le centre historique en cyclo-pousse ou à vélo mais la marche reste la meilleure façon de se fondre dans l’ambiance, authentiquement populaire.


Strada delle Orecchiette

Italie : les bottes secrètes du Mezzogiorno

Comme partout en Italie, les pâtes sont à l’honneur ! La spécialité locale, ce sont les orecchiete, petites, creuses et rondes comme des oreilles –orecchie en italien. Dans une ruelle rebaptisée la Strada delle Orecchiette, des dames travaillent la pasta au couteau avant de la mettre à sécher sur des tamis. Le plus souvent, ce petit métier constitue leur unique source de revenus. Impossible donc de ne pas acheter un mezzo kilo, pas plus cher que les paquets anonymes vendus à l’aéroport…

En prime, les aimables mamma partagent leurs recettes ; comme cet accompagnement de pousses de navets et d’anchois, typique des Pouilles. Clap de fin à la Ciclatera Sotto il Mare, seule terrasse du quartier à ouvrir sur la mer. C’est le lieu parfait pour un aperitivo aux saveurs marines : oursins fraîchement pêchés, poulpe grillé, tataki de thon… L’ensemble glisse avec un verre de vin blanc bien frappé !


La Murgia, terre préhistorique

Italie : les bottes secrètes du Mezzogiorno

Occupé par un haut plateau creusé de grottes et de ravines, l’arrière-pays de Bari est ponctué de petites cités de caractère veillées par d’impressionnantes cathédrales. Sur un promontoire cerné de hautes murailles, celle d’Altamura possède un portail sculpté considéré comme le plus beau des Pouilles. En fait, une formidable BD médiévale qui met en scène l’Ancien Testament.

C’est dans cette ville au décor de film de cape et d’épée que l’on trouve le meilleur pain d’Italie, fabriqué à partir de farine de grain dur et cuit dans un four à bois. Démonstration au Panifi - cio di Gesù et dégustation avec une boule de la divine burrata du Caseifi cio Dicecca voisin : « Ma che piacere ! » En 1993, des spéléologues ont trouvé dans les environs d’Altamura le squelette complet d’un homme de Neandertal, affectueusement surnommé Ciccillo. Non loin, quelque 30 000 empreintes de dinosaures ont été relevées. Le musée d’archéologie local utilise la 3D pour faire revivre ce passé lointain ; on y est accueilli par Ciccillo reconstitué grandeur nature en silicone, une rencontre saisissante !
 

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