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Marrakech est une fête !

Pascale Mougenot et Thierry Beaurepère
14/04/2017

Riche de traditions ancestrales, la plus cosmopolite des villes impériales du Maroc est une destination de city-break incomparable. Le Monde et le New York Times la placent d’ailleurs parmi les destinations phares en 2017.


Balade hors du temps dans la médina

Elle est pour l’Unesco un exemple éminent de ville historique vivante : s’étalant sur 700 hectares, la médina de Marrakech fait l’objet de toutes les attentions.

Fin décembre, le roi Mohammed VI a donné le coup d’envoi d’importants projets de restauration, qui complètent la réhabilitation en cours du Mellah, l’ancien quartier juif.

C’est là que débute notre balade, sous la houlette d’un guide spécialiste de l’architecture. Briefing sur la terrasse du Kozy Bar, place des Ferblantiers : fondée aux alentours de 1070 par les Almoravides, Marrakech a conservé un patrimoine exceptionnel de cette époque, de l’emblématique minaret de la Koutoubia aux remparts percés de portes monumentales qui ceinturent la vieille ville.  Plus tard, des palais et riads seront érigés à l’intérieur des murailles de la médina et dans la Casbah, sans dénaturer le plan d’urbanisme médiéval.

Via des ruelles labyrinthiques et en se méfiant des mobylettes pétaradantes et des charrettes à bras, nous rallions le souk des babouches puis celui des forgerons, des potiers,  des menuisiers… Répartis par corporations, 40 000 artisans travaillent toujours dans la médina, promesse de jolies rencontres.
 
Et puis voilà la Medersa Ben Youssef, merveille arabo-andalouse. Ici, dans un fondouk, la Fondation Dar Bellarj dédiée à la création contemporaine. Et là, le Jardin Secret, aménagé autour d’un vénérable palais, se veut une incarnation du paradis terrestre : c’est tout nouveau et c’est magnifique !

Une pause s’impose aussi à Dar Cherifa, café littéraire installé dans un joli riad. Cap pour finir sur la place Jemaa el-Fna, ses acrobates, ses musiciens, ses charmeurs de serpents et ses gargotes populaires.
Le Café de France offre une vue plongeante sur cet extraordinaire théâtre en plein air. C’est une escale idéale pour l’incontournable thé à la menthe, à l’heure où la place s’éclaire de milliers de loupiotes qui ajoutent encore à sa magie.

À vélo, entre Hivernage et Guéliz

À l’occasion de la COP 22 en novembre dernier, Marrakech s’est dotée d’une flotte de vélos en libre-service : les Médina Bike.
C’est la monture idéale pour explorer la ville moderne. Top départ au pied de la Koutoubia, en direction de l’Hivernage dont les larges avenues sont bordées de palmiers et d’orangers.

Un oeil à la Mamounia (le palace mythique) et on rallie le Guéliz en quelques coups de pédales. Il fut le premier quartier construit à l’extérieur des remparts, dès 1913. Eclipsé par l’aura de la médina, son patrimoine Art déco et moderniste n’est pas encore apprécié à sa juste valeur et les promoteurs démolissent sans état d’âme.

Ainsi le Marché central est devenu un complexe commercial. Heureusement, la société civile bataille pour protéger vieux cinémas et cafés historiques.
Le Théâtre Palace est désormais classé comme le Grand Café de la Poste, dont la terrasse constitue une escale trendy. On y donne rendez-vous à une association locale, on poursuit la balade en sa compagnie pour ne rien manquer des pépites du Guéliz : la Villa Bel Air aux petits airs de chalet normand, l’ancienne poste, le café de l’Atlas de style paquebot… Et, bien sûr, le Jardin Majorelle ! Pour le déjeuner, optez pour la Rôtisserie de la Paix et son jardin.

C’est aussi dans le Guéliz que l’on trouve galeries d’art, boutiques de créateurs, concept stores pointus et le tout nouveau musée MACMA, ouvert par un galerie. Un Marrakech différent, assurément dans l’air du temps.

Yves Saint-Laurent, du jardin au musée

Jardin Majorelle
Jardin Majorelle
Invité par le maréchal Lyautey, résident général à l’époque du protectorat français, le peintre Jacques Majorelle vécut une bonne partie de sa vie à Marrakech. Il défricha une palmeraie pour créer un merveilleux jardin botanique où il fit bâtir une villa cubiste inspirée par Le Corbusier.

À sa mort, le site resta de longues années à l’abandon jusqu’à ce que Pierre Bergé
et Yves Saint-Laurent le rachètent en 1980 pour sauver des promoteurs cette « oasis où les couleurs de Matisse se mêlent à celles de la nature ».


Marrakech a été une source d’inspiration majeure pour le couturier et c’est dans la roseraie que ses cendres ont été dispersées ; un mémorial entretient sa mémoire et, depuis 2011, la rue voisine porte son nom.

Encore en construction, un sobre bâtiment inspiré par le fameux smoking pour femme de Saint-Laurent y accueillera cet automne un musée consacré à cette icône du Swinging Marrakech. Il présentera vêtements, accessoires et dessins et abritera un auditorium, un restaurant, une bibliothèque… Les entreprises des secteurs de la mode et du design vont adorer !

Un déjeuner au bled

© DR
© DR
Aux portes de Marrakech, une très grande oliveraie accueille le Beldi Country Club.
Beldi (campagnard en VO) recompose un village en version rustique chic, avec un hôtel de charme mais aussi et surtout un lieu de réception.

Les jardins sont d’une remarquable beauté, le décor chiné par le propriétaire d’un goût très sûr et les activités proposées valorisent les traditions : initiation aux techniques du verre soufflé, atelier de poterie, cours de cuisine berbère, pour des team buildings à dimension culturelle.

Piscines pour se rafraîchir, escale au spa en option… on passe ici une matinée au vert avant de déjeuner sous la treille ; en bordure d’une magnifique roseraie.

Une histoire d'eau

La COP 22 a mis Marrakech sous les feux de la rampe et permis de constater que le royaume chérifien multiplie les initiatives « green friendly ».

Un musée de la civilisation de l’eau, ouvert en janvier, entend faire découvrir le génie marocain dans la gestion de cette précieuse ressource, confiée aux fondations pieuses de Habous.

Passionnante, la visite se combine avec une balade du côté du grand lac de barrage Lalla Takerkoust, à 30 minutes de route : activités nautiques, découverte de villages berbères de toute éternité et déjeuner bucolique au bord de l’eau sur laquelle se reflètent les sommets de l’Atlas, l’escale est magique.
On aime particulièrement Le Flouka et son patron à l’accent toulousain !

Alternative pour un groupe important : la charmante Kasbah Beldi, ancrée en surplomb du lac, se privatise.

Le désert, aux portes de Marrakech

Désert d'Agafay ©O. Hoffman
Désert d'Agafay ©O. Hoffman
À 30 minutes de route Marrakech, plein sud, le désert d’Agafay a des petits airs de steppe asiatique. Et pour peu qu’une pluie fugace pare de vert tendre une palette essentiellement minérale, l’illusion est parfaite !

Deux adresses permettent d’utiliser ce décor en mode incentive. D’abord le campement Terre des Étoiles, dressé sur un plateau rocailleux, dont le concepteur privilégie la permaculture (peu gourmande en eau) pour recréer une oasis : visite du potager bio, plantation d’arbres, balades à vélo, à cheval ou à dos de dromadaire, l’événementiel s’inscrit ici dans l’authenticité. Il est même possible de dormir sur place (10 tentes lodges fixes et bivouac).
Au programme : dîner autour d’un feu de camp, méchoui, fantasia et animations assurées par des jongleurs, acrobates et cracheurs de feu venus des villages de la région, observation des étoiles…

Installée au sommet d’une dune et entourée d’une petite palmeraie, La Pause est plus sophistiquée mais cultive le même esprit de simplicité : activités de team building liées au milieu ambiant, coucher de soleil sur les dunes, dîner de spécialités marocaines sous une grande tente… Le tout se privatise.
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